Litige foncier au Togo: Trois collectivités sèment le désordre à Fidokpui

Les litiges fonciers règnent en maître au Togo. Face à cette bombe à retardement, plusieurs observateurs s’accordent sur la nationalisation des terres par l’Etat. A Fidokpui, territoire communal d’Agoèynivé 4, des collectivités veulent retirer leurs terrains vendus il y a déjà plusieurs années pour les repartager aux acquéreurs avec de nouveaux prix.Trois d’entre elles sèment le désordre dans cette zone périphérique du Grand Lomé. Cris de détresse des acquéreurs!

Des collectivités avec l’appui des gendarmes écrivent avec des peintures rouges sur les murs des maisons en construction et les terrains clôturés à Fidokpui dans la commune d’Agoè-Nyivé 4 avec pour motif de reprendre des lots de terrains auparavant vendus pour les repartager sous de nouveaux prix. Une situation bizarre dans la mesure où aucun terrain n’est vide aujourd’hui à Fidokpui.

En effet, six collectivités avaient vendu leurs parcelles de terrains à des acquéreurs il y a plusieurs années. La collectivité DOVON est celle qui détenait la plus grande parcelle parmi ces six collectivités de ce village.

Depuis quelques mois, les acquéreurs assistent à une situation étrange. Des individus, sans foi ni loi, issus de trois collectivités, notamment LANZO, AVLESSI-Kpedon et GOGOLIGO, avec l’appui des forces de l’ordre et sans la présentation de documents justificatifs, écrivent sur les murs de terrains en chantier et ceux clôturés dans ce village sous prétexte qu’ils veulent reprendre leurs parcelles et les repartager avec de nouveaux prix.

Les parcelles de la collectivité DOVON sont les plus visées, selon nos informations. Celles des collectivités GAZE et KOYOE également sont menacées. Sur une plaque à l’entrée du CEG de Fidokpui, ces collectivités ont placé une plaque où est inscrit: « Arrêt N°102/17 du 16 novembre 2007 de la Cour Suprême du Togo. Propriété des six collectivités LANZO, GAZE, KOYOE, AVLESSI-Kpedon, DOVON, GOGOLIGO. Cessez tous travaux de construction. Voir maître Essodjolo Kpatcha, huissier de justice.

A l’heure actuelle, la panique se généralise dans Fidokpui.

Réunis au sein de l’entité des acquérants de Fidokpui, les acquéreurs du village appellent les plus hautes autorités du pays et le pouvoir central à se saisir de cette affaire et prendre des dispositions pour que ces intimidations cessent. Le président de l’entité a dressé l’état des lieux de ce dossier aux médias ce samedi 06 août.

« Tout a commencé en 2021 avec l’appel du Chef Avouadan qui a fait gongonner et distribuer des tracts demandant à tout acquéreur de Fidokpui de se munir des papiers d’achat de ses terrains et de passer le voir. On n’a rien compris. Nous les acquéreurs, on s’est organisé et nous sommes allés l’interroger sur le problème qui se pose. Moi je suis ici il y a bien longtemps. Je connais les six collectivités et je sais que toutes ont presque vendu toutes leurs parcelles. Aujourd’hui il n’y a aucun terrain vide à Filipui. Comment peut-on dire qu’on veut repartager ces parcelles ? Le Chef nous a répondu que le problème est connu par les autorités du pays. Le préfet, le chef canton, le maire, tous savent que ce problème existe et qu’ils ont donné leur ok pour le repartage des terrains dans le village. On est allé suite à cela chez le Chef canton. Lui, il nous a dit clairement que ce problème datait du temps de son papa et que son géniteur et le Chef Avouadan se sont querellés par rapport à cette histoire. Son papa avait tranché au détriment des propriétaires. L’affaire s’est retrouvée à la justice qui aussi a tranché en faveur des acquéreurs. Il nous a rassurés et nous a demandé de rentrer chez nous. Mais aujourd’hui le problème resurgit. Les gens viennent écrire sur les murs. Et ce sont les parcelles de la collectivité DOVON qui sont surtout ciblées. Les acquéreurs de ces parcelles sont inquiets. Nos familles ne dorment plus. Aujourd’hui, nous acquéreurs, avons décidé de nous organiser pour défendre nos biens. Tous les acquéreurs ici ont leurs documents administratifs avec trois tampons. On ne comprend pas pourquoi ces collectivités sèment ce désordre dans le village. La réalité est que ces propriétaires terriens n’ont plus de terrain à vendre. C’est ce qui motive leur sale besogne. Ils veulent faire des magouilles pour nous revendre nos terrains. Notre cris de détresse s’adressent aux autorités du pays. Qu’elles nous aident à résoudre ce problème« , a lancé Ouro Koura Alilou.

Il s’agit, pour ces collectivités, de déposséder les acquéreurs de leurs terrains pour ensuite les leur revendre avec des prix exorbitants. Même l’un des topographes qui a travaillé sur la vente de ces parcelles ne comprend pas l’agitation des trois collectivités.

« Moi même j’habite à Fidokpui. J’ai travaillé sur le lotissement de ce village. Ce lotissement a été fait suite aux documents qu’on avait. On a travaillé sur les parcelles de la collectivité DOVON qui avait ses documents après sa victoire à la Cour Suprême. Beaucoup d’acquéreurs ont acheté leurs terrains et ont leurs papiers. On ne comprend pas pourquoi des individus viennent écrire sur les murs de terrains en chantier. Ils ne présentent aucun document qui leur donne le droit de le faire. Il s’agit de six collectivités réunies qui ont vendu leurs parcelles. Toutes ont vendu leurs parts avec la signature de leurs mandataires. Aujourd’hui, certaines reviennent et parlent de repartager des terrains. On va repartager quoi? Les maisons ou les terrains? Il n’y a aucun terrain à Fidokpui. C’est rien que des maisons ici. Nos familles sont terrorisées avec la présence des forces de l’ordre dans le village qui écrivent sur les murs avec des peintures rouges« , a-t-il pesté.

Les acquéreurs appellent les autorités du pays à venir voir ce qui se passe à Fidokpui, localité par loin du Grand Lomé. Ils souhaitent que les premiers dirigeants du pays se saisissent de ce dossier pour qu’une solution définitive soit trouvée. FIN

NPA

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