Togo / La DMK poussée à ajourner son meeting

Après l’interdiction du meeting de la Dynamique Monseigneur Kpodzro (DMK) normalement prévu le 25 juin dernier à Bè Kodjindji, le gouvernement suggère à ce regroupement de partis politiques d’ajourner provisoirement son meeting du 16 juillet prochain et de déplacer sa manifestation du grand Lomé. Voici la nouvelle décision de la DMK.

Devant la presse ce lundi 11 juillet, la DMK a fait savoir qu’elle a tenu une réunion avec le ministre d’Etat Payadowa Boukpessi et le général Yark Damehame de la sécurité et la protection civile le vendredi 08 juillet. Cette rencontre se situait dans le cadre du courrier d’information relative à l’organisation du meeting du 16 juillet.

En substance, a confié la DMK aux professionnels des médias, le Général Yark a évoqué la situation sécuritaire qui se dégrade au Togo depuis quelques temps et pour laquelle le gouvernement n’arrive pas encore à avoir une maîtrise totale. Le ministre a surtout insisté sur le dernier incident survenu au grand marché de Lomé le 2 juin 2022 où un agent de sécurité a été poignardé à mort par un individu de nationalité tchadienne. Il a indiqué que le fait que l’agresseur soit décédé sans être interrogé avant, ne leur permet pas jusqu’à présent de maîtriser les contours de cette agression qui reste selon eux un acte à ne pas négliger ni isoler. Le général Yark a fait savoir que cet incident du grand marché fait que la zone de Lomé devient du coup un front contre le terrorisme tout comme la préfecture de Kpendjal où il y a eu des attaques ayant entraîné la mort de plusieurs soldats. Il a conclu qu’en tenant compte de tous ces motifs avancés, il fallait ajourner le meeting du 16 juillet 2022 prévu à Lomé à Bè Kodjindji afin de leur laisser le temps de mieux cerner le front de Lomé, ceci d’autant plus que le meeting devra se tenir sur une place publique non close.

En résumé, le gouvernement demande à la DMK de déplacer son meeting du grand Lomé.

Face à une telle proposition, la DMK dit avoir exprimé aux deux ministres sa désapprobation des subterfuges et artifices toujours utilisés pour l’empêcher de manifester ou même de se réunir avec ses militants depuis la dernière élection présidentielle du 22 février 2020. Elle indique que cette attitude du gouvernement montre bien que le régime appréhende de voir la DMK rassembler les Togolais en un lieu donné. Brigitte Adjamagbo et ses alliés disent avoir exprimé leur désaccord aux deux ministres en donnant en exemples les manifestations publiques qui se font par les membres du parti UNIR de même que les fêtes traditionnelles ou religieuses qui se déroulent actuellement un peu partout au Togo.

Ces opposants ont tenu à souligner que malgré les problèmes sécuritaires dans les pays, ils ne peuvent servir de prétexte à une confiscation du droit de manifester.

Les deux ministres, selon la DMK, ont réitéré la demande du gouvernement de suspendre provisoirement le meeting du 16 juillet, précisant qu’ils ne trouveraient pas d’inconvénient que des meetings puissent être organisés à d’autres endroits autres que Lomé, en attendant que cette question liée à l’attentat du grand marché de Lomé soit élucidée et maîtrisée.

Dans leur déclaration liminaire, les partis membres de la DMK ont confié ne pas souhaiter exposer les populations togolaises à un risque de sécurité présumé, encore moins à une violence aveugle d’Etat. En conséquence, ils décident de déplacer le meeting du 16 juillet prévu à Bè Kodjindji, un lieu ouvert, au terrain de Asfosa à Bè Ablogamè, le samedi 16 juillet 2022 à 14 heures. Le choix de ce lieu est destiné à faciliter la gestion de la sécurité du meeting aux forces de l’ordre.

La DMK s’est également prononcée sur d’autres sujets notamment sur le drame de Natigou et les révélations de l’OBS magazine portant sur le Chef de l’Etat Faure Gnassingbé. Nous y reviendrons. FIN

NPA

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