Togo/ FUA: A conscience déchirée, le Professeur Améla Didier fait déguster le roman « cahier nomade » de l’auteur Abdourahman Waberi

Comme un genre de renaissance, la Fédération des Universités d’Afrique ( FUA) a renoué avec l’une de ses activités. Afin de permettre aux jeunes chercheurs de développer leur recherche, elle a organisé ce mercredi 08 juin 2022, au siège d’Américan Conner de l’Université de Lomé, une Conférence publique sur un thème évocateur : « Ecriture des traversées dans cahier nomade », de l’auteur dense Abdourahman Waberi, un thème en analogie avec le cadre qui accueille l’exercice.

Chaque année, la FUA organise des activités. La pandémie de la Covid-19 a malheureusement ralenti cet élan ces deux dernières années. Comme une rentrée académique, la Fédération a renoué avec son rituel ce mercredi 08 juin 2022 par une Conférence publique.

Le Professeur Amèla Didier, c’est lui qui fut le Conférence du jour.
En se référant à l’auteur Abdourahman Waberi, il a dévoilé aux jeunes chercheurs, un aspect de l’écriture prolixe et très diversifié de l’auteur contenu dans l’œuvre « Cahier nomade ». Une initiative de la FUA.

« La FUA mobilise les enseignants du Supérieur du continent afin qu’ils se serrent les coudes pour développer leur recherche. C’est dans ce cadre que six pays se retrouvent chaque année soit à travers un colloque, soit une conférence ou à travers un ouvrage collectif pour partager avec les autres, nos analyses et nos interprétations des œuvres des auteurs africains et occidentaux. Ce matin, on a invité le Professeur Améla Didier pour partager son savoir des traversées du cahier nomade d’Abdourahman Waberi« , a indiqué Professeur Tchassim Koutchoukalo, Présidente de la Fédération des Universités d’Afrique.

« Cahier nomade » d’Abdourahman Waberi , est une œuvre de 13 nouvelles racontées, exposées, de parcours, de traversées. Elle est divisée en deux grandes parties à savoir le « trame » et le « trace ». Ce roman donne beaucoup de communications notamment la traversée, le territoire et l’exile.

Selon le Conférencier, quand l’auteur Abdourahman Waberi parle de son « cahier nomade », c’est le fait qu’il a traversé à l’intérieur de son territoire un certain nombre de traversées qu’il rapporte dans son roman. Les peuples africains ont toujours fait des déplacements et de traversées, a-t-il développé.

« Ce titre ne vient pas de moi. C’était en 2009, au cours d’un colloque, en Algérie, dans le cadre de la célébration du deuxième Festival des intellectuels panafricains qu’on s’était prononcé sur les caractéristiques particulières du roman africain contemporain, précisément l’écriture nomade et l’inscription de la trace par référence au philosophe Gille Berleuse, qui , quelque part, posait la question sur le lien entre le nomadisme, l’exile, la migration, le métissage et l’hybridité. Toutes ces notions que je viens d’énumérer sont récurrents dans le roman africain. Les participants ont estimé que ces questions ont connu leur postérité depuis les indépendances jusqu’à nos jours et que ces notions sont avérées plus réductrices parce que selon eux, la littérature africaine francophone des indépendances à nos jours, est réduite autour des deux positions notamment le noir et le blanc ou le pauvre et riche, l’occident et l’Afrique pauvre. Toute notre littérature est liée en quelque sorte à cette situation d’immigration et d’hybridité. Quand l’Africain parle, c’est en conflictuel vers l’autre. Quand est-ce que nous allons penser à notre propre histoire ? Quand est-ce-que nous allons réduire notre littérature à nous-même et essayer de faire notre propre histoire à travers notre traversée ? L’urgence pour certains aujourd’hui serait plutôt de décrire et d’interpréter les postures structurelles d’écrivain porteur et diseur d’une nouvelle renaissance africaine. C’est cela le début d’une liberté affirmée. Dans cet ordre d’idée, nous devons penser plutôt au nomadisme parce que l’Afrique dans son histoire a connu des nomades légendaires qui sont un peu partout dans la région sub-Saharienne. Le roman est donc une invite à nos voyages et nos traversées« , a expliqué Professeur Améla Didier.

Abdourahman Waberi fait des vas et viens entre le passé et le présent dans son roman « cahier nomade ». Le passé vient ainsi se greffer sur le présent. Chaque nouvelle étant une traversée de chaque individu, le Professeur Améla Didier, dans sa communication, a aidé le public a cerné le roman « Cahier nomade » en leur faisant comprendre le caractère nomade des écritures africaines.

Pour le Conférencier, les Africains sont perdus. Cela n’est pas une fatalité, mais c’est une évidence. C’est la cause de la déchéance de l’Afrique à vouloir singer. Les peuples africains ont toujours eu à faire des mouvements. Dans beaucoup de pays en Afrique comme à Djibouti, on se demande qui est togolais ? Qui est qui ? Nous venons tous de quelque part, a-t-il fait savoir avant de rappeler que l’Afrique à une histoire nomade et a eu des traversées.

« Si on doit vous raconter la traversée du peuple Ewé, après qu’ils ont quitté Agokoli. Ils ont eu des traversées et en quittant Agokoli, il y a eu des traversées« .

Ce fut un espace d’échange riche avec un public très attentif. Le Professeur a rappelé qu’un écrivain est un nomade et tout écrivain à une vie nomade à travers l’acte d’écriture, mais il raconte une histoire liée au nomadisme. Une telle orientation dans la perception du monde des comportements, des positionnements du renouvellement des écritures à son histoire. Pour conclure, Professeur Tchassim Koutchoukalo a invité chacun a évité le nomadisme intellectuel.

Pour rappel, créé en 2018, la FUA est un cercle d’échange pour promouvoir les jeunes chercheurs de l’Afrique.FIN

NPA

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