Togo/Lutte contre les faux médicaments: Journalistes et sociétés civile associés à la lutte

Au Togo, le marché des faux médicaments ou falsifiés ou encore de qualité inférieure est une réalité. La plupart des médicaments sont écoulés sur les marchés en plein air, souvent des paniers en plastiques posées au sol sur une table ou sur des étalages bien exposés.

On y trouve toutes sortes de remèdes, des anti-douleurs classiques aux antipaludéens en passant par les antibiotiques. Ce schéma démontre que le trafic de faux médicaments souvent considéré comme un simple délit de contrefaçon n’est pas prêt à finir d’aussitôt au Togo, le marché faisant 200 milliards de chiffres d’affaire pour aux gros trafiquants du monde.

Journalistes et société civile réfléchissent sur le sujet ce mercredi 18 novembre à Lomé.

C’est une initiative de l’Association Togolaise des Consommateurs (ATC)  sur le thème « Conséquences de la consommation des faux médicaments » dans le cadre de la mise en œuvre du Projet de sensibilisation et de lutte contre le trafic des faux médicaments au Togo.

L’objectif de cette rencontre est de parler de la problématique des faux médicaments et de ses conséquences et surtout d’inviter les acteurs des médias et de la société civile à jouer leurs rôles pour que la voie de l’information parvienne aux populations.

« Deux cent mille décès dus au paludisme pourraient être évités dans les pays en voie de développement si les patients étaient traités avec de vrais médicaments. Cette estimation de l’Organisation Mondiale de la Santé tient compte du fait que dans ces pays, 70% des médicaments qui circulent, sont des faux. Vous conviendrez avec nous qu’une telle démonstration des risques de la consommation des faux médicaments doit nous interpeller pour plus de sensibilisation à l’endroit de nos populations. Les professionnels des médias et la société civile ont ainsi donc un rôle à jouer dans l’éducation, l’information et la sensibilisation de nos populations contre la consommation du médicament illicite. L’ATC saisi l’opportunité de ces instants pour inviter les médias à plus de professionnalisme dans le traitement des sujets sur les médicaments. La publicité mensongère peut porter préjudice à la santé des consommateurs » a indiqué Léon Agboka, responsable commission Santé-Environnement ATC.

Le trafic de faux médicaments est responsable de plus de 100 000 morts par an en Afrique, selon l’Organisation mondiale de la Santé (OMS).

Les médicaments vendus dans les rues au Togo sont généralement deux fois moins chers que dans les pharmacies, davantage contrôlées et obligées de s’approvisionner chez des fournisseurs agréés par le ministère de la Santé.

Si ce phénomène existe dans le monde entier, 42% des faux médicaments saisis depuis 2013 l’ont été sur le continent africain, où la faiblesse des systèmes de santé et la pauvreté ont favorisé, plus qu’ailleurs, l’émergence d’un marché parallèle. Des réseaux bien organisés dans le monde profitent au maximum de ce trafic qui enfreint à la loi.

Au Togo, la peine encourue par les trafiquants y est désormais de 20 ans de prison et de 50 millions de francs CFA d’amende (76.200 d’euros).

Les participants à l’atelier sont outillés pour trouver les meilleures formules pour couper la chaîne du trafic des faux médicaments au Togo.

NPA

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