Togo/Erosion côtière: Les victimes de la LCT n’en peuvent plus

Depuis 2012, avec la construction de Lomé Container Terminal (LCT), les riverains des villages du côté Est du Port de Lomé sont victimes d’érosion côtière. On se rappelle qu’une concession a été octroyée à la LCT par le Gouvernement togolais pour aménager, construire et exploiter un terminal de conteneurs de transbordement en terrain vierge dans le port de Lomé. Ainsi le terminal opère au Togo depuis 2014.

Avec l’installation du terminal, c’est le calvaire pour la plupart des villages de l’Est du Port. L’érosion côtière déloge et continu de déloger les riverains dans au moins 13 villages. Des maisons, des écoles, des routes, toutes sont saccagés par la mer qui avance chaque jour.

En 2015, une plainte a été déposée par le Collectif des personnes victimes d’érosion côtières contre la Banque Mondiale et sa filiale SFI. Les plaignants affirment que le projet de la LCT financé par la SFI est un facteur d’accélération de l’érosion côtière qui touche leurs communautés.

Cinq ans après, le Collectif des personnes victimes d’érosion côtière se dit insatisfait des multiples rencontres qu’il a eu avec le bureau de la Banque Mondiale.

Devant la presse ce jeudi 2 juillet, le Collectif a dit son raz-le bol d’être tourné en bourrique par la Banque Mondiale et s’offusque également contre les nombreuses enquêtes suivies de recommandations qui n’ont rien donné comme solution à leur problème.

« On a constaté que la Banque Mondiale met une lenteur dans le dossier parce qu’elle n’a pas le choix. Les rapports démontrent que les textes de la Banque Mondiale ne sont pas respectés par la LCT. S’ils doivent respecter ces textes, on doit nous dédommager. On doit aussi mettre des digues d’arrêt sur la mer afin d’atténuer les impacts négatifs du Port de LCT. La mer a envahi des chefferies, des maisons de fortune sont détruites, nos cimetières ont été saccagées. Beaucoup de nos parents sont morts à cause de la douleur qu’ils ont ressenti en perdant leurs biens. La LCT a amplifié la pauvreté dans les villages de la côte. Elle doit en prendre conscience et dédommager les populations. Pourquoi Ouest du Port crée du sable et le côté Est crée l’érosion, c’est parce que la LCT y a installé son entreprise et cela cause préjudice à nos familles et nos villages » s’est indigné Tonoudo Edo, porte-parole du Collectif des personnes victimes d’érosion côtière.

Un dernier audit démontre que l’amplification de l’érosion côtière sur la côte est due au Port de pêche construit récemment.

Plusieurs enquêtes ont fait constater que les consultations préalables à l’investissement n’ont pas inclu les communautés susceptibles de subir les risques ou les impacts négatifs du projet LCT. Aussi la Société financière internationale (SFI) ne s’est pas assurée que le client a divulgué le Plan d’action aux communautés touchées ou que celui-ci a prévu une structure afin d’informer les communautés touchées. Ces enquêtes ont également relevées l’absence d’accompagnement ou de suivi qui aurait permis un retour d’informations indiquant si les préoccupations relatives aux impacts du projet étaient traitées.

Voici les villages touchés par l’érosion côtière due à la mise en place de la LCT au Port Autonome de Lomé: Gbodjomè, Agbavi, Afidejingbe, Baguida, Devikinmè, Alimagnan, Katanga, Agbodrafo, Kpogan et Bobolo Agodeke, Kpemè et Edoh Kopé.

Le Collectif des personnes victimes d’érosion côtières ne comprend pas pourquoi l’Etat togolais reste muet sur ce dossier.

Il lance donc un appel pressant au Chef de l’Etat Faure Gnassingbé afin de mettre pression sur la Banque Mondiale et sa filiale SFI pour qu’elles respectent enfin ses propres textes portant sur les dédommagements des victimes en cas de pareille situation.

NPA

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