Togo/Bastonnades au rendez-vous de la première nuit de couvre-feu

Les Togolais ont vécu, dans la soirée de jeudi 02 avril à tôt le vendredi 03 avril, leur première nuit de couvre-feu.

Cette mesure qui est une première au Togo depuis les moments des turbulences politiques des années 1990 et au-delà, est une mise en application de l’état d’urgence sanitaire de trois (3) mois décrété par le président de la République, Faure Gnassingbé, pour mieux contrer le Covid-19.

Déjà à 20h, toute la capitale était méconnaissable : calme absolu, rues désertes, boutiques et bars fermés. Seuls quelques rares motocyclistes et automobilistes roulaient à vive allure dans des ruelles pour ne pas se faire interpeller par la force spéciale covid-19.
C’est un visage inhabituel que Lomé a montré la nuit de jeudi.

La fausse note qui a édulcoré la réussite de cette première nuit de couvre-feu est malheureusement le traitement infligé à quelques rares personnes surprises par les forces de l’ordre dans les rues. Triste est de constater qu’elles ont été ramenées à la raison avec des cordelettes et autres objets utilisables pour donner des coups.

Un des faits s’est reproduit devant la maison d’un de nos reporters hier. Des forces de l’ordre qui ont pour mission de surveiller des personnes en auto-confinement dans un hôtel depuis quelques jours, n’ont pas hésité à arrêter un homme qui passait vers 20h30 avec sa moto en panne et lui ont demandé de se coucher pour prendre des fessées. Aussi, ces rares personnes qui ont la malchance de passer par cette voie, ont été bastonnées.
Des témoignages ont circulé également un peu partout sur d’autres voies où des faits de ce genre ont eu lieu dans la capitale.

Est-ce le Général Yark Damehane qui a donné cet ordre?

« Non, on ne leur a pas donné le feu vert de frapper. Je demande à mes compatriotes de faire un effort. Aujourd’hui, nous sommes en face d’un danger« , a répondu le Général Yark Damehane sur une radio locale ce vendredi matin.

Comment peut-on comprendre que pour une première expérience à laquelle la frange jeune de la population n’est pas habituée et qui à d’ailleurs marché à 98%, les forces de l’ordre se permettent d’infliger des coups aux quelques rares personnes surprises dans la rue au lieu de faire d’abord de la pédagogie ? Ces gens, bien que fautifs, sont-ils déjà des récalcitrants, comme l’a signifié le Général Yark, ministre de la Sécurité et de la Protection civile ?

En sera-t-il ainsi désormais pour tous les Togolais qui auront la malchance d’être surpris par les éléments de la force mise sur pied pour assurer le couvre-feu jusqu’à nouvel ordre ? Quel sort sera-t-il alors réservé aux citoyens qui seront amenés à braver le couvre-feu pour raison de force majeure, à l’instar des raisons de santé ?

Vivement que le Ministre demande à ses éléments d’être plus disciplinés dans l’exercice de leur mission.

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